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Lexique · Structure et désordres

Solive

Une solive est une pièce de bois ou de métal, de section plus modeste que la poutre, posée horizontalement entre deux poutres ou deux murs porteurs, sur laquelle repose directement le plancher. L'espacement et le dimensionnement des solives conditionnent la portée admissible et la rigidité au sol ; une solive attaquée par l'humidité, un insecte xylophage ou la mérule perd sa capacité portante et peut se rompre sous une charge normale.

Dans le bâti ancien francilien, les solives sont en bois massif, posées à intervalles réguliers entre deux murs porteurs ou deux poutres, et reposent le plus souvent directement dans des feuillures ou des scellements pratiqués dans la maçonnerie, un point de contact particulièrement exposé à l'humidité remontant du mur. Une vibration ressentie au passage sur un plancher peut avoir des origines variées : sous-dimensionnement d'origine du solivage, portée trop importante pour la section des bois en présence, ou dégradation liée à une humidité durable.

Une solive attaquée par un insecte xylophage ou un champignon comme la mérule perd sa capacité portante progressivement, souvent sans signe extérieur visible tant que le platelage du plancher n'est pas déposé : la dégradation commence fréquemment à l'about de la solive, au contact du mur humide, avant de gagner vers le centre de la pièce de bois. Distinguer une simple flèche normale d'une fragilisation réelle demande un examen du solivage lui-même, souvent accessible depuis un sous-sol, une cave ou un faux plafond, complété par une analyse de la portée et de la section des bois en présence.

Sur les planchers plus récents, la solive peut aussi être métallique ou en bois lamellé-collé, moins sensible aux attaques biologiques mais pas à l'abri d'un sous-dimensionnement si l'usage du plancher a changé depuis sa conception, par exemple lors de l'aménagement de combles auparavant non habités. Dans tous les cas, la vérification de la portée et de la section des solives au regard de l'usage actuel des lieux reste un point de contrôle systématique du diagnostic.

Plusieurs indices permettent de soupçonner une solive atteinte avant même de déposer le sol : petits trous de sortie ronds ou ovales à la surface du bois, accompagnés d'une fine poudre (vermoulure) au pied des pièces, odeur de cave ou de champignon dans un plafond fermé, fissures du plafond en plâtre qui suivent le sens des solives, ou zone de sol plus souple à proximité d'un mur. Sur le bois accessible, un sondage au poinçon montre si la pointe s'enfonce sans résistance, signe d'un bois dégradé en profondeur sous une surface d'apparence saine. Ces constats orientent le diagnostic sans le remplacer : ils indiquent où ouvrir et quoi mesurer.

Une erreur fréquente consiste à renforcer une solive affaiblie, par doublage ou moisage, sans avoir supprimé la source d'humidité qui l'a dégradée : le bois neuf, posé dans les mêmes conditions, finit par subir la même attaque. Autre écueil courant, l'enrobage des abouts dans un mortier de ciment étanche, qui empêche le bois de sécher et entretient l'humidité au point le plus sensible. Lors d'une vente, l'état relatif à la présence de termites n'est obligatoire que dans les zones délimitées par arrêté préfectoral et ne porte pas sur la capacité portante des solives : un acquéreur qui constate un plancher suspect a intérêt à faire examiner le solivage par un expert indépendant avant de s'engager.

FAQ

Questions fréquentes

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