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Lexique · Structure et désordres

Retrait-gonflement des argiles

Le retrait-gonflement des argiles (RGA) est un phénomène géotechnique par lequel un sol argileux perd du volume en période sèche (retrait) puis en regagne en période humide (gonflement), au gré des variations de teneur en eau. Ce mouvement cyclique du sol support déstabilise les fondations superficielles et provoque des tassements différentiels à l'origine d'une grande partie des fissures observées sur les maisons individuelles en Île-de-France. Le phénomène peut être reconnu comme catastrophe naturelle par arrêté interministériel publié au Journal officiel, lorsque la sécheresse de l'année dépasse les critères d'intensité retenus pour la commune.

Une argile se comporte comme une éponge minérale : gorgée d'eau elle gonfle, desséchée elle se rétracte et perd du volume. Une grande partie de l'Île-de-France repose sur des formations argileuses sensibles, notamment les argiles vertes et les marnes des coteaux, ce qui expose particulièrement les pavillons fondés superficiellement et construits avant que ce phénomène ne soit pris en compte dans la conception des fondations. Le phénomène est aggravé par la végétation : un arbre adulte planté près d'une façade pompe l'eau du sol précisément là où les fondations en ont besoin, et accentue le dessèchement local pendant l'été.

Le RGA se reconnaît à un faisceau d'indices convergents : fissures en escalier qui suivent les joints de maçonnerie, concentrées aux angles du bâtiment et autour des baies, apparition ou aggravation en fin d'été après un épisode sec, portes et fenêtres qui frottent ou ne ferment plus. Son caractère cyclique est distinctif : les fissures s'ouvrent en fin d'été, se referment partiellement en hiver, puis se rouvrent davantage à la sécheresse suivante, un rythme qu'un suivi au fissuromètre sur plusieurs saisons met en évidence.

L'indemnisation des dommages liés au RGA passe par le régime des catastrophes naturelles : après un arrêté publié au Journal officiel pour la commune concernée, les propriétaires disposent d'un délai pour déclarer leur sinistre à l'assureur, qui mandate ensuite son propre expert. Ce dernier doit établir que la sécheresse est la cause déterminante des désordres, ce qui explique pourquoi de nombreux dossiers échouent lorsque la fissuration est en réalité attribuable à un défaut de construction, à la végétation ou à un tassement plus ancien. Un rapport d'expertise indépendant, qui mesure chaque fissure et documente le lien entre le sol argileux et les désordres constatés, sert alors de point de référence pour appuyer le dossier.

Plusieurs mesures limitent l'exposition d'une maison existante sans toucher à ses fondations : évacuer les eaux pluviales loin des murs plutôt qu'au pied de la façade, créer autour du bâtiment un trottoir étanche qui protège le sol de l'évaporation, contrôler l'étanchéité des canalisations enterrées, et maintenir les nouvelles plantations à bonne distance. L'abattage brutal d'un grand arbre installé depuis longtemps près de la maison est une erreur fréquente : le sol, privé du pompage qu'il subissait, se réhumidifie et peut gonfler à son tour, ce qui provoque de nouveaux désordres. Une telle décision gagne à être précédée d'un avis technique.

Pour les constructions neuves, la loi ELAN a rendu obligatoire, en zone d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement, une étude géotechnique préalable lors de la vente d'un terrain constructible, puis la prise en compte de ses conclusions par le constructeur. La carte d'exposition publiée sur le site public Géorisques permet de vérifier en quelques minutes le niveau d'aléa d'une adresse. Cette carte donne une tendance à l'échelle d'un secteur : elle ne remplace ni une étude de sol à la parcelle, ni l'examen du bâtiment lui-même lorsque des fissures sont déjà apparues. Lors d'une vente, l'état des risques remis à l'acquéreur mentionne aussi cette exposition, une information à lire avant de signer.

FAQ

Questions fréquentes

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