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Lexique · Humidité et air

Mérule

La mérule (Serpula lacrymans) est un champignon lignivore qui se développe dans le bois d'œuvre humide et mal ventilé, capable de dégrader sa résistance mécanique en profondeur tout en restant longtemps invisible derrière un parement ou sous un plancher. Elle se reconnaît à ses filaments blanchâtres puis à un feutrage brunâtre et à une odeur de champignon caractéristique, et se propage vite dans les charpentes et planchers des bâtiments anciens humides. En cas de suspicion, un diagnostic est fortement recommandé avant toute intervention sur les bois atteints.

Le champignon se développe presque toujours dans des conditions précises : une humidité durable du bois, associée à l'obscurité et à un confinement qui limite le renouvellement d'air. Ces conditions se retrouvent typiquement dans les caves peu ventilées, les vides sanitaires, les pieds de mur en contact avec un sol humide ou derrière une isolation posée contre une maçonnerie restée humide, autant de configurations fréquentes dans le bâti ancien francilien mal entretenu ou insuffisamment ventilé.

Plusieurs champignons lignivores, coniophore des caves, polypores, lentin, s'attaquent au bois humide et produisent des dégâts qui se ressemblent à l'œil non averti. La mérule s'en distingue par sa capacité à développer des cordons mycéliens capables de traverser le plâtre ou la maçonnerie pour aller chercher l'humidité ailleurs dans le bâtiment, ce qui explique qu'elle puisse progresser dans une pièce apparemment sèche, loin de son foyer d'apparition initial. Au stade avancé, une fructification en galette orangée à bords blancs confirme le diagnostic, mais attendre ce stade revient à laisser le champignon progresser pendant des mois sans intervention.

Identifier le champignon sans traiter la source d'humidité qui l'alimente ne fait que retarder sa réapparition. C'est pourquoi un diagnostic sérieux remonte systématiquement à la cause, remontée capillaire, infiltration ou condensation selon la configuration, avant de qualifier l'étendue de l'atteinte fongique et la perte de section des bois porteurs concernés ; un expert indépendant des entreprises de traitement fongicide n'a aucune raison de surestimer ou de sous-estimer cette étendue.

Depuis la loi ALUR de 2014, le Code de la construction et de l'habitation encadre la mérule. L'occupant qui en constate la présence doit la déclarer en mairie ; à défaut d'occupant, la déclaration revient au propriétaire, et au syndicat des copropriétaires pour les parties communes. À partir de ces déclarations, des zones de présence d'un risque de mérule peuvent être délimitées par arrêté préfectoral, et la vente d'un bien situé dans une telle zone s'accompagne d'une information sur ce risque dans le dossier de diagnostic technique. Hors de ces zones, aucun diagnostic mérule n'est obligatoire, mais un vendeur qui connaissait l'infestation et l'a tue s'expose à une action en garantie des vices cachés. Une odeur de champignon ou des boiseries déformées justifient donc une vérification avant l'achat.

Le traitement d'une mérule avérée dépasse largement le remplacement des bois visiblement atteints. Les règles de l'art conduisent à supprimer la source d'humidité, à déposer les bois contaminés avec une marge au-delà de la zone visible, à piquer les enduits et à traiter les maçonneries traversées par les cordons, puis à remplacer les pièces déposées par des bois traités. Les éléments porteurs fragilisés, solives, sablières, pieds de poteaux, posent une question de stabilité qui peut imposer un étaiement provisoire. En copropriété, le champignon ignore les limites entre lots : un foyer né dans une cave privative peut atteindre un plancher commun, et la coordination entre syndic, copropriétaires concernés et assureurs conditionne l'efficacité de l'ensemble.

FAQ

Questions fréquentes

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