Lexique · Enveloppe et façade
Larmier
Un larmier est une saillie ou une rainure horizontale aménagée sous un élément en surplomb (appui de baie, corniche, dalle de balcon) pour provoquer le décrochement des gouttes d'eau de ruissellement avant qu'elles n'atteignent la façade et ne coulent le long du mur. L'absence de larmier, ou son colmatage par des couches successives de peinture, favorise les coulures et l'humidification répétée de la façade sous l'élément concerné.
Le larmier équipe les éléments en saillie d'une façade : appuis de baie, corniches, bandeaux, dalles de balcon ou de terrasse. Sur les façades ouvragées du bâti ancien, il prend souvent la forme d'une moulure creusée directement dans la pierre ; sur des ouvrages plus récents en béton, il se présente comme une rainure ou un profilé métallique rapporté sous la sous-face de l'élément en surplomb.
Son rôle est modeste en apparence, mais son absence ou son colmatage a des conséquences bien visibles avec le temps : sans décrochement de la goutte d'eau, celle-ci suit la sous-face de l'élément par tension superficielle et vient couler directement sur le mur en dessous, laissant des coulures noirâtres caractéristiques et humidifiant la façade de façon répétée. Sur un balcon ou une dalle en surplomb, ce défaut aggrave aussi les désordres de la sous-face elle-même, en entretenant une humidité qui favorise la corrosion des aciers si l'élément est en béton armé.
Un larmier obstrué par des couches de peinture successives ou par une réfection de façade mal exécutée peut suffire à réactiver des coulures et une humidification qu'un simple nettoyage ne traite pas durablement, ce qui justifie de le vérifier lors d'un diagnostic de façade. Une façade exposée aux vents dominants et à la pluie battante, souvent l'élévation nord-ouest en Île-de-France, subit davantage ces coulures répétées qu'une façade abritée, ce qui explique des désordres parfois très différents entre deux pans d'un même bâtiment.
Plusieurs signes trahissent un larmier absent ou inefficace : traînées sombres régulières sous les appuis de fenêtres, mousses ou lichens qui colonisent la façade sous une corniche, sous-face de balcon tachée d'humidité ou écaillée, peinture qui se détache en bande juste sous le nez d'un élément en saillie. La cause tient parfois à la conception d'origine, un élément en béton coulé sans goutte d'eau, parfois aux travaux successifs : couches de peinture qui comblent la rainure, enduit tiré jusqu'à l'arête, bavette de fenêtre posée sans débord suffisant pour que l'eau tombe au-delà de l'appui. Une simple observation par temps de pluie montre où l'eau se décroche réellement et où elle continue de suivre la paroi.
Sur les balcons en béton armé, le larmier participe à la durabilité de la dalle : en écartant l'eau de la sous-face et des rives, il réduit les cycles d'humidification qui favorisent la carbonatation du béton et la corrosion des aciers proches de la surface. Les épaufrures et les éclats en rive de balcon, avec aciers apparents et coulures de rouille, signalent un stade plus avancé où la reprise du larmier ne suffit plus : purge du béton dégradé, traitement des armatures et reconstitution des parties manquantes deviennent nécessaires. En copropriété, ces désordres concernent la sécurité des personnes circulant sous les balcons et justifient un examen de l'ensemble des rives, y compris celles qui n'ont encore perdu aucun fragment.
FAQ