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Lexique · Humidité et air

Hygrométrie

L'hygrométrie désigne la mesure du taux d'humidité de l'air ou d'un matériau, exprimée en pourcentage d'humidité relative pour l'air ou en pourcentage massique pour un matériau comme le bois ou une maçonnerie. Elle est un indicateur de diagnostic de base : une hygrométrie de l'air intérieur durablement supérieure à 60 % favorise la condensation et les moisissures, tandis qu'une hygrométrie élevée relevée dans une maçonnerie confirme un désordre d'humidité (remontée capillaire, infiltration) au-delà du simple constat visuel.

La mesure ne se limite pas à un relevé unique : l'hygrométrie de l'air varie selon l'heure, la saison et l'usage du logement, une pièce peut afficher un taux normal en journée et grimper fortement après une douche ou une cuisson prolongée si la ventilation ne compense pas. Dans un matériau comme une maçonnerie ou un bois de structure, la mesure s'effectue en profondeur plutôt qu'en surface, à plusieurs points et plusieurs hauteurs, car un taux qui décroît en montant sur un mur oriente vers une remontée capillaire, alors qu'une zone humide centrée sur un point précis évoque plutôt une infiltration ou une fuite localisée.

Une hygrométrie de l'air intérieur durablement supérieure à 60 % favorise la condensation sur les parois froides et, à terme, le développement de moisissures, en particulier dans les logements bien isolés mais insuffisamment ventilés. Dans le bois, un taux d'humidité élevé et prolongé crée les conditions favorables à un champignon lignivore comme la mérule, ce qui fait de la mesure hygrométrique un indicateur précoce, avant l'apparition de tout signe visible.

Un relevé isolé, pris sur la seule zone visiblement dégradée, ne suffit jamais à établir un diagnostic fiable : c'est le croisement de plusieurs mesures, dans l'air et dans les matériaux, à différents points et hauteurs, qui permet de distinguer les causes possibles d'un désordre d'humidité et d'écarter celles qui ne s'appliquent pas, plutôt que de s'en remettre à l'appréciation visuelle d'une entreprise qui a un traitement à vendre.

Les instruments n'ont pas tous la même fiabilité. Un hygromètre d'ambiance du commerce donne une tendance utile, mais sa précision varie selon le modèle et il doit être placé loin des sources de vapeur et des parois froides. Pour l'air, un enregistreur qui consigne humidité et température sur plusieurs jours renseigne bien mieux qu'une lecture ponctuelle, car il fait apparaître les pics liés à l'occupation et leur durée. Pour les matériaux, l'humidimètre à pointes ou capacitif fournit une indication relative, faussée par les sels ou les éléments métalliques noyés ; la méthode au carbure de calcium sur un prélèvement de maçonnerie, ou la pesée avant et après séchage en étuve, donnent une teneur en eau réellement mesurée.

Un même taux d'humidité relative n'a pas la même signification selon la température : chauffer une pièce fait baisser son humidité relative sans retirer d'eau de l'air, la laisser refroidir la fait monter. L'interprétation d'un relevé s'appuie donc sur le couple humidité et température, et sur le calcul du point de rosée, à comparer à la température des parois. Une plage d'humidité relative de 40 à 60 % est couramment citée comme confortable dans un logement ; en dessous, un air trop sec irrite les muqueuses, au-dessus et de façon durable, les risques de condensation s'installent. Dans un litige entre bailleur et locataire ou entre voisins, des relevés horodatés, réalisés dans des conditions décrites, pèsent bien davantage qu'une impression de pièce humide.

FAQ

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