Lexique · Couverture
Gouttière
Une gouttière est le conduit fixé en rive basse de toiture qui collecte les eaux de pluie ruisselant sur les versants et les dirige vers les descentes d'eaux pluviales. Une gouttière bouchée, mal en pente ou percée par la corrosion déborde ou fuit contre la façade, ce qui humidifie durablement la maçonnerie en pied de mur, une cause d'infiltrations parfois confondue à tort avec une remontée capillaire.
Les gouttières les plus anciennes, sur le bâti parisien et les toitures en zinc, sont elles-mêmes en zinc, façonnées et soudées sur mesure ; les rénovations plus récentes emploient aussi le PVC, moins coûteux mais plus sensible aux UV et à la dilatation thermique sur de grandes longueurs, ou l'aluminium et le cuivre, plus durables mais réservés aux chantiers plus soignés. Le profil varie également : une gouttière pendante, fixée sous l'égout par des crochets, reste la plus répandue, tandis qu'une gouttière nantaise ou havraise, intégrée plus près de la façade, se rencontre sur certaines toitures en ardoise ou en zinc à Paris et en petite couronne.
Une pente insuffisante, souvent réduite par un tassement progressif des crochets de fixation par rapport à la pente prévue lors de la pose initiale, fait stagner l'eau dans la gouttière au lieu de l'évacuer vers les descentes ; cette eau stagnante accélère la corrosion du zinc aux points bas et favorise le développement de mousse qui finit par obstruer l'écoulement. Une gouttière dimensionnée pour une surface de toiture plus petite que celle qu'elle reçoit réellement, après l'agrandissement d'un pan de toit par exemple, déborde par forte pluie même sans défaut d'entretien. Le débordement répété contre la façade humidifie la maçonnerie en pied de mur de la même façon qu'une remontée capillaire, un mécanisme pourtant très différent que seul un diagnostic distinguant l'origine haute, la toiture, de l'origine basse, le sol, permet de départager avec certitude.
Sur le plan juridique, l'article 681 du Code civil impose à tout propriétaire d'établir ses toits de manière que les eaux pluviales s'écoulent sur son terrain ou sur la voie publique, sans les verser sur le fonds voisin. Une gouttière qui déborde vers une propriété mitoyenne, ou une toiture dépourvue de gouttière qui rejette l'eau chez le voisin, peut donc engager la responsabilité du propriétaire. En copropriété, gouttières et descentes sont le plus souvent des parties communes : leur entretien relève du syndic, et un débordement non traité qui endommage un lot peut engager la responsabilité du syndicat des copropriétaires pour défaut d'entretien. Le curage régulier, en particulier après la chute des feuilles, reste la mesure de prévention la plus simple.
Plusieurs signes trahissent une gouttière défaillante avant que la façade ne soit atteinte : coulures verdâtres ou noires sous la rive, enduit ou peinture qui s'écaille en haut de mur, mousse visible dans la gouttière depuis une fenêtre, eau qui tombe en rideau devant la façade par forte pluie, crochets tordus ou desserrés. À l'intérieur, une tache d'humidité en haut de mur, juste sous le plafond du dernier étage, peut venir d'un débordement de gouttière autant que d'une fuite de couverture. Une erreur courante consiste à traiter la façade ou à appliquer un hydrofuge sans avoir corrigé la gouttière, ce qui laisse la cause en place et fait réapparaître les traces.
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