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Lexique · Structure et désordres

Fondation superficielle

Une fondation superficielle est un ouvrage de fondation (semelle filante, semelle isolée, radier) qui reporte les charges du bâtiment sur les couches de sol proches de la surface, par opposition à une fondation profonde (pieux) qui va chercher un sol porteur plus bas. La grande majorité des maisons individuelles reposent sur des fondations superficielles, ce qui les rend sensibles aux mouvements du sol proche, en particulier au retrait-gonflement des argiles.

Semelle filante sous un mur, semelle isolée sous un poteau ou radier sous l'ensemble du bâtiment : ces trois formes de fondation superficielle se distinguent par leur géométrie mais partagent le même principe, reporter la charge sur les couches de sol immédiatement sous l'ouvrage plutôt que d'aller chercher un sol porteur plus profond comme le ferait un pieu. La grande majorité des maisons individuelles construites en Île-de-France, notamment le pavillon en meulière ou en parpaings des lotissements de banlieue, reposent sur ce type de fondation.

Cette proximité avec la surface rend la fondation superficielle directement sensible aux mouvements du sol proche : retrait-gonflement des argiles lors des sécheresses, fuite d'un réseau enterré qui délave les fines du sol, ou hétérogénéité du terrain liée à un ancien remblai. L'affaissement qui en résulte peut avoir des causes très différentes selon le contexte, ce qui explique qu'une solution de reprise ne se choisisse jamais avant d'avoir identifié précisément le mécanisme en jeu : reprendre en sous-œuvre une fondation qui ne bouge plus n'apporte aucune solution durable.

Rien dans l'aspect extérieur d'un bâtiment ne permet de deviner avec certitude le type de fondation qui le porte : seule une étude des plans d'origine, quand ils existent, ou un sondage localisé permet de confirmer s'il s'agit d'une fondation superficielle ou d'une fondation profonde sur pieux, une distinction qui pèse lourd dans l'interprétation d'un désordre observé en surface et dans le choix d'une éventuelle reprise en sous-œuvre.

Une fondation superficielle doit être ancrée sous la profondeur atteinte par le gel, qui varie selon la région et l'altitude, et, sur un sol argileux, suffisamment bas pour échapper à la zone où l'humidité du terrain fluctue le plus au fil des saisons. Beaucoup de pavillons anciens ont été fondés sans étude de sol, à une profondeur choisie par habitude locale, ce qui explique leur sensibilité aux étés secs successifs. Depuis la loi ELAN, une étude géotechnique est exigée lors de la vente d'un terrain constructible et pour la construction d'une maison individuelle dans les zones d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, ce qui améliore la situation des constructions neuves sans régler celle du bâti existant.

Les premiers signes d'un mouvement se lisent souvent dans les ouvertures : fissures partant des angles de portes et de fenêtres, menuiseries qui frottent ou ne ferment plus, carrelage qui se fend en diagonale, décollement entre la maison et une terrasse ou un garage accolé. Après une sécheresse, ces désordres peuvent relever de la garantie catastrophe naturelle du contrat d'assurance habitation, à condition qu'un arrêté interministériel ait reconnu cet état pour la commune et la période concernée et que le sinistre soit déclaré dans le délai prévu. Un expert indépendant aide alors l'assuré à documenter le lien entre la sécheresse et les dommages, souvent discuté lors de l'instruction du dossier.

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