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Lexique · Couverture

Faîtage

Le faîtage est la ligne de jonction horizontale au sommet d'une toiture, à l'intersection des deux versants, protégée par des tuiles ou éléments de faîtage spécifiques scellés au mortier ou fixés mécaniquement. Un faîtage descellé, avec des tuiles déplacées ou des joints de mortier fissurés, est un point d'infiltration classique en toiture, d'autant plus difficile à repérer depuis le sol qu'il se situe au point le plus haut du bâtiment.

Le traitement du faîtage varie selon le matériau de couverture retenu. Sur une toiture en tuiles mécaniques ou plates, courante dans une large part du bâti francilien du premier XXe siècle, les tuiles de faîtage sont scellées au mortier de manière traditionnelle ou, plus récemment, fixées mécaniquement sur une bande de faîtage ventilée qui assure l'étanchéité tout en laissant circuler l'air sous la couverture. Sur une toiture en ardoise, plus fréquente sur certains toits parisiens, le faîtage prend souvent la forme d'un couvre-joint en zinc ou en plomb plutôt que d'un scellement au mortier, un choix qui limite les points de faiblesse propres au mortier mais déplace le risque vers la tenue des fixations métalliques dans la durée.

Le mortier de scellement, exposé en permanence aux intempéries au point le plus haut du toit, reste le maillon faible du faîtage traditionnel : les cycles de gel et de dégel fragilisent sa prise et provoquent à terme de fines fissures qui s'élargissent, jusqu'à ce qu'une tuile se descelle sous l'effet du vent. Un faîtage affaissé ou dont l'alignement paraît irrégulier depuis la rue signale souvent un tassement du support ou une pose ancienne jamais reprise. Le désordre est parfois confondu avec celui d'un arêtier, la ligne oblique qui descend du faîtage vers une rive de toit, dont les tuiles subissent des contraintes comparables mais une orientation différente face aux intempéries dominantes.

Parce que le faîtage se situe au point culminant de la toiture, son examen direct nécessite le plus souvent un accès en hauteur, à la nacelle, au drone ou par les combles quand la charpente le permet : un diagnostic mené depuis le sol seul reste nécessairement incomplet pour juger de l'état réel du scellement ou des fixations.

Plusieurs signes, visibles depuis les combles ou lors d'un passage en toiture, orientent vers un faîtage défaillant : traces d'humidité sur la panne faîtière ou le haut des chevrons, auréoles sur l'isolant placé sous le sommet du toit, fragments de mortier tombés dans la gouttière, tuile faîtière manquante après un coup de vent. L'eau qui pénètre au faîtage descend ensuite le long des chevrons ou de l'écran de sous-toiture et peut ressortir loin de son point d'entrée, ce qui entretient une humidité prolongée dans le bois de charpente. Parmi les erreurs fréquentes figure la reprise au mortier d'un faîtage conçu pour être ventilé : le rejointoiement stoppe la fuite visible mais bouche la sortie d'air, et dégrade la ventilation de la sous-toiture.

Sur le plan des garanties, une infiltration au faîtage d'une construction réceptionnée depuis moins de dix ans relève en général de la garantie décennale dès lors qu'elle rend l'ouvrage impropre à sa destination, et peut être déclarée à l'assurance dommages-ouvrage lorsqu'elle a été souscrite. Sur un bâtiment plus ancien, la question devient celle de l'entretien, à la charge du propriétaire ou, en copropriété, du syndicat des copropriétaires lorsque la toiture est partie commune. Solliciter un expert indépendant se justifie lorsque les réparations successives n'ont pas mis fin aux infiltrations, ou lorsqu'un désaccord oppose copropriétaires, syndic et couvreur sur l'origine du désordre et la nature des travaux à engager.

FAQ

Questions fréquentes

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