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Lexique · Structure et désordres

Étançonnement

L'étançonnement est le fait de caler et de soutenir provisoirement un mur, une façade ou une paroi fragilisée par des étais obliques (étançons) prenant appui au sol, afin d'empêcher son basculement ou son effondrement en attendant une réparation. Il se distingue de l'étaiement, qui soutient un élément horizontal comme un plancher ou une poutre par en dessous, car l'étançonnement retient un élément vertical par une poussée latérale. C'est une mesure de sécurité mise en œuvre lorsqu'un mur présente un risque de renversement.

L'étançonnement s'emploie typiquement lorsqu'une façade ou un pignon présente un désordre susceptible d'entraîner un basculement, après un choc, un début d'effondrement partiel, ou la découverte d'un défaut de liaison entre un mur et le reste de la structure. Les étançons, poutres obliques en bois ou en métal, prennent appui au sol sur des semelles ou des plots qui répartissent l'effort, et s'ajustent en longueur pour retenir le mur selon l'angle et la hauteur nécessaires.

Cette mesure de sécurité intervient le plus souvent dans l'urgence, sur préconisation d'un diagnostic qui identifie le risque de renversement avant qu'il ne se concrétise, par exemple après une lézarde traversante qui s'accompagne d'un début de désaffleurement visible du mur par rapport à sa position d'origine. Comme l'étaiement, l'étançonnement reste une réponse provisoire : il sécurise le bâtiment et les personnes en attendant que la cause du désordre soit identifiée avec certitude et qu'une réparation ou un renforcement définitif puisse être engagé.

Sur la voie publique ou en mitoyenneté, la mise en place d'étançons peut nécessiter une autorisation d'occupation temporaire, en particulier lorsque les appuis au sol empiètent sur un trottoir ou une parcelle voisine. Le diagnostic qui précède ou accompagne l'étançonnement distingue aussi ce qui relève d'une simple précaution, en présence d'un désordre stabilisé mais impressionnant à l'œil, d'un risque réel de renversement qui impose une sécurisation immédiate et, dans les cas les plus sérieux, une évacuation partielle du bâtiment.

Un mur ancien présente souvent un léger faux aplomb acquis il y a longtemps et stabilisé depuis, qui ne justifie pas à lui seul un étançonnement. Pour distinguer ce faux aplomb historique d'un mouvement en cours, l'expert mesure l'inclinaison du mur à l'aide d'un fil à plomb ou d'un instrument de mesure, repère les fissures traversantes, les décollements aux jonctions avec les murs de refend et les planchers, et pose des témoins dont le suivi révèle si le mur continue de bouger. Un désaffleurement récent, des témoins qui se rompent ou un bombement qui s'accentue orientent au contraire vers une sécurisation sans délai.

Lorsqu'un mur menace de s'effondrer sur la voie publique ou chez un voisin, le maire peut engager une procédure de mise en sécurité, qui a remplacé l'ancienne procédure de péril, et imposer au propriétaire les mesures nécessaires, étançonnement compris. Indépendamment de cette procédure, le propriétaire d'un bâtiment répond des dommages causés par sa ruine lorsqu'elle résulte d'un défaut d'entretien ou d'un vice de construction, au titre de l'article 1244 du Code civil. Une erreur fréquente consiste à laisser des étançons en place pendant des années faute de décision sur la réparation : leurs appuis se dégradent, et la sécurité qu'ils procurent devient incertaine.

FAQ

Questions fréquentes

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