Lexique · Couverture
Écran de sous-toiture
L'écran de sous-toiture est une membrane posée sous les tuiles ou ardoises, au-dessus de l'isolant et de la charpente, qui protège la sous-face de la couverture contre les infiltrations d'eau, de neige poudreuse ou de poussière tout en laissant s'échapper la vapeur d'eau intérieure. Un écran déchiré, mal recouvert à ses lés ou absent dans les toitures anciennes rénovées sans son remplacement laisse l'eau qui franchit la couverture atteindre directement la charpente et l'isolant.
L'écran de sous-toiture le plus répandu aujourd'hui est un voile synthétique dit hautement perméable à la vapeur, posé directement sur les chevrons ou sur un support continu, qui laisse la vapeur d'eau intérieure traverser vers l'extérieur tout en bloquant l'eau liquide venue de la couverture ; il remplace les feutres bitumineux plus anciens, moins perméables, qui imposaient une lame d'air ventilée entre l'écran et la couverture pour évacuer l'humidité. Sur une toiture ancienne rénovée, l'écran est souvent ajouté à l'occasion d'un aménagement de combles ou d'un renforcement de l'isolation, alors qu'il était absent à l'origine sur nombre de constructions antérieures aux années 1950 en Île-de-France, où seule la couverture assurait la protection contre l'eau.
L'écran se dégrade rarement de façon uniforme : les déchirures apparaissent d'abord aux points de fixation, agrafes ou tasseaux, où le matériau est le plus sollicité, ou aux recouvrements entre lés quand la pose n'a pas respecté un chevauchement suffisant, laissant un interstice par lequel l'eau s'infiltre en cas de forte pluie. Un écran affaissé entre deux chevrons, souvent le signe d'une fixation insuffisante ou d'un support trop espacé, forme une poche où l'eau qui traverse ponctuellement la couverture s'accumule au lieu de s'écouler vers l'égout, ce qui prolonge le contact avec la charpente et l'isolant bien au-delà d'une simple infiltration passagère. Ce désordre reste invisible depuis l'extérieur et souvent depuis l'intérieur des combles aménagés, où l'écran disparaît sous un doublage ; seul un sondage ciblé ou une dépose partielle permet de vérifier son état réel.
La pose d'un écran obéit à quelques principes dont le non-respect explique beaucoup de désordres. Les lés se déroulent de bas en haut, chaque lé recouvrant le précédent pour que l'eau descende vers l'égout sans rencontrer de bord ouvert. Une contre-latte fixée sur chaque chevron ménage l'espace qui permet à l'eau de s'écouler entre l'écran et les liteaux. En bas de versant, l'écran doit se prolonger jusqu'à la gouttière : arrêté trop court, il déverse l'eau collectée sur la sablière ou dans l'isolant. Autour des souches de cheminée et des fenêtres de toit, il se relève et se raccorde avec les accessoires prévus, faute de quoi ces points singuliers redeviennent des zones de fuite.
La présence d'un écran ne dispense pas d'entretenir la couverture : il intercepte des entrées d'eau ponctuelles, mais n'a pas vocation à suppléer pendant des années des tuiles cassées ou des solins défaillants. Exposé aux ultraviolets avant la pose de la couverture, ou laissé à nu après une dépose de tuiles, il se dégrade vite, et les fabricants indiquent une durée d'exposition maximale à respecter en phase de chantier. Lorsqu'un aménagement de combles récent présente des traces d'humidité, il faut établir si l'écran manque, s'il est mal posé ou si l'humidité provient de la vapeur produite dans le logement. Un expert indépendant tranche ce point avant toute dépose de doublage, ce qui permet de cibler les sondages.
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