Aller au contenu
AVAYAH.

Lexique · Structure et désordres

Chaînage

Un chaînage est un renfort horizontal ou vertical en béton armé, ou parfois en bois ou en métal, intégré dans la maçonnerie pour ceinturer un bâtiment et répartir les charges et les efforts entre les murs. Le chaînage horizontal court en général au niveau des planchers et de la sablière sous toiture, le chaînage vertical aux angles et de part et d'autre des ouvertures. Un chaînage absent, sous-dimensionné ou rompu par un désordre est une cause fréquente de fissuration généralisée ou de dislocation d'un mur porteur.

Le chaînage est devenu systématique dans la construction depuis l'introduction des règles parasismiques et des DTU encadrant la maçonnerie chaînée, mais il reste souvent absent ou partiel dans le bâti ancien francilien, maisons en meulière, en pierre calcaire ou en moellons édifiées avant cette généralisation. Cette absence n'est pas nécessairement un défaut au regard des règles de l'époque, mais elle rend ces constructions plus vulnérables à un tassement différentiel ou à une poussée de charpente, faute de ceinture rigide capable de répartir l'effort entre les murs.

Un chaînage rompu ou sous-dimensionné se traduit souvent par une fissuration généralisée qui touche plusieurs murs plutôt qu'un seul, ou par un début de dislocation d'un angle de bâtiment, les pierres ou parpaings se désolidarisant faute de liaison continue. Sur un chaînage en béton armé plus récent, la pathologie prend une autre forme : la corrosion des armatures, provoquée par une infiltration ou une carbonatation du béton, fait éclater l'enrobage et affaiblit la section utile du chaînage, un désordre qui reste souvent masqué par un enduit ou un doublage jusqu'à un stade avancé.

Vérifier la présence, le tracé et l'état d'un chaînage fait partie des points de contrôle systématiques d'un diagnostic structurel, en particulier avant l'ouverture d'un mur porteur ou l'ajout d'une charge nouvelle sur un bâtiment ancien qui en serait dépourvu.

Le chaînage laisse souvent une signature sur la façade. Une fissure horizontale, fine et rectiligne, qui court le long de la façade au niveau d'un plancher ou sous la toiture, correspond fréquemment à la limite entre le béton du chaînage et la maçonnerie de remplissage : les deux matériaux ne se dilatent pas de la même façon et l'enduit se fissure à leur jonction. Ce désordre reste en général superficiel. Il devient préoccupant lorsque la fissure s'accompagne de traces de rouille, d'un éclatement de l'enduit ou d'un léger désaffleurement, signes d'armatures qui gonflent en se corrodant et poussent la maçonnerie vers l'extérieur.

Un bâtiment ancien dépourvu de chaînage peut être renforcé après coup. La technique traditionnelle, visible sur de nombreux immeubles parisiens, consiste à poser des tirants métalliques qui traversent le bâtiment d'une façade à l'autre et se terminent par des ancres en fer forgé, en forme de croix ou de S, qui retiennent les murs. D'autres solutions existent, comme la ceinture en béton armé coulée en tête de mur ou les renforts métalliques ponctuels aux angles. Le choix dépend de la nature des maçonneries, de la cause du désordre et des contraintes patrimoniales : un tirant posé sans traiter la cause du mouvement ne fait que retarder la fissuration.

FAQ

Questions fréquentes

Ce terme correspond à un désordre que vous constatez ? Faites-le qualifier par un expert indépendant.

Demander une expertise