Lexique · Enveloppe et façade
Appui de baie
L'appui de baie est l'élément horizontal, en pierre, béton ou métal, posé en bas d'une fenêtre pour évacuer l'eau de ruissellement vers l'extérieur et protéger la maçonnerie sous-jacente. Une pente insuffisante, une fissure ou un défaut de rejingot (petit ressaut qui empêche l'eau de refluer vers l'intérieur) transforme l'appui de baie en point d'entrée d'eau, à l'origine d'infiltrations et de dégradations de l'allège en dessous.
Le matériau de l'appui de baie varie selon l'époque de construction : pierre taillée avec une légère pente sur le bâti ancien, béton préfabriqué ou carrelage sur les constructions plus récentes, profilé métallique rapporté lors d'un remplacement de menuiserie. Sa conception associe systématiquement une pente vers l'extérieur et, à l'arrière, un rejingot qui empêche l'eau de refluer vers la maçonnerie.
Un appui de baie reste l'un des points singuliers les plus fréquemment en cause dans une infiltration murale, aux côtés des joints de maçonnerie décompactés et des fissures d'enduit. Une pente insuffisante, une fissure dans la pierre ou le béton, un rejingot érodé ou un calfeutrement vieilli entre l'appui et la menuiserie suffisent à laisser passer l'eau, qui s'infiltre alors dans l'allège en dessous : peinture qui cloque, enduit qui se décolle, parfois moisissure sur le doublage intérieur en cas d'humidité persistante. Le désordre reste souvent localisé sous la fenêtre concernée, ce qui aide à le distinguer d'une remontée capillaire, dont le front humide couvre un linéaire de mur plus large et régulier.
Un examen de l'appui de baie associé à celui du rejingot et du calfeutrement de la menuiserie fait partie des vérifications de base d'une recherche de fuite en façade, avant d'envisager des causes plus lointaines. Sur un mur exposé aux vents dominants et à la pluie battante, un même défaut d'appui de baie peut rester sans conséquence pendant des années côté abrité et provoquer une infiltration active côté exposé, ce qui explique pourquoi deux façades d'un même bâtiment ne présentent pas nécessairement les mêmes désordres.
Lors d'un remplacement de fenêtres, l'appui de baie d'origine est souvent conservé tel quel alors que la nouvelle menuiserie, plus épaisse ou posée à une autre profondeur, ne se raccorde plus correctement à lui. Une bavette d'appui en aluminium vient alors couvrir l'ancien appui : correctement posée, avec une pente, des retours latéraux relevés et un débord suffisant en nez, elle protège la pierre ou le béton ; mal posée, sans étanchéité latérale ni fixation adaptée, elle renvoie l'eau vers les tableaux ou la retient sous elle. Les extrémités de l'appui, là où il s'encastre dans les tableaux de la baie, restent un point faible classique, car l'eau s'y concentre et pénètre par la moindre fissure de scellement.
Un appui de baie en béton peut aussi souffrir de la corrosion de ses armatures lorsque l'enrobage est faible : épaufrures, éclats sur l'arête et traces de rouille deviennent visibles, et l'élément perd progressivement sa tenue. Sur une pierre ancienne, le gel agit sur une pierre gorgée d'eau et provoque des desquamations ou une fissure transversale qui coupe l'appui en deux. Dans les deux cas, un simple ragréage de surface masque le défaut sans rétablir ni la pente ni l'étanchéité. Un diagnostic distingue les appuis réparables de ceux qui doivent être remplacés, une décision qui se coordonne idéalement avec un ravalement ou un changement de menuiseries pour éviter de reprendre deux fois la même zone.
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