Lexique · Enveloppe et façade
Acrotère
Un acrotère est le petit muret qui prolonge un mur en bordure d'une toiture-terrasse, au-delà du niveau de l'étanchéité, pour retenir cette dernière et empêcher l'eau de s'écouler par les côtés. La jonction entre l'acrotère et l'étanchéité (relevé) est un point singulier particulièrement exposé : une fissure de l'acrotère ou un relevé décollé est une cause fréquente d'infiltrations en sous-face de terrasse, parfois à distance du point d'entrée réel de l'eau.
L'acrotère se rencontre sur toutes les toitures-terrasses, qu'elles soient accessibles ou non, sur le bâti ancien comme sur les constructions récentes : sa hauteur et sa conception varient, mais sa fonction reste la même, retenir l'étanchéité au-delà du niveau de la terrasse et permettre un relevé qui remonte sur sa face verticale. Les toitures-terrasses équipent une grande partie des immeubles collectifs d'Île-de-France, ce qui fait de l'acrotère et de son relevé un point de contrôle fréquent lors d'une recherche de fuite en toiture.
Ce relevé en périphérie, exactement à la jonction entre l'acrotère et la partie horizontale de l'étanchéité, compte parmi les points singuliers les plus fréquemment à l'origine d'infiltrations sur une toiture-terrasse, aux côtés des évacuations d'eaux pluviales. Une fissure dans la maçonnerie de l'acrotère, un couronnement dégradé qui laisse l'eau s'infiltrer par le dessus, ou un relevé d'étanchéité décollé par vieillissement du matériau ou par un mouvement thermique suffisent à ouvrir une voie d'eau. Une fois entrée, celle-ci chemine sous la membrane ou dans le complexe isolant avant de ressortir en sous-face, parfois loin horizontalement du point de fuite réel, ce qui complique le repérage depuis l'intérieur.
Localiser précisément la cause d'une infiltration en sous-face de terrasse quand l'acrotère est en cause demande un examen direct de l'étanchéité et de son relevé : la seule observation de la tache intérieure ne suffit pas à désigner le bon point d'entrée.
La conception du relevé d'étanchéité sur l'acrotère est encadrée par le NF DTU 43.1 pour les toitures-terrasses à éléments porteurs en maçonnerie : hauteur minimale du relevé, fixation en tête et protection de cette tête par une bande solin, un becquet ou une engravure. Ces détails sont précisément ceux qui se dégradent en premier : bande solin dont le mastic s'est décollé, relevé qui glisse le long de la paroi, couvertine métallique mal recouverte aux joints qui laisse l'eau pénétrer par le dessus de l'acrotère. Les désordres sont aussi favorisés par des travaux ultérieurs, lorsque la pose d'un garde-corps, d'une antenne ou d'un passage de câbles perce le relevé sans traitement d'étanchéité adapté.
L'acrotère subit aussi des contraintes thermiques importantes. Exposé au soleil et au froid sur ses deux faces, il se dilate et se rétracte différemment du plancher-terrasse sur lequel il repose, ce qui provoque des fissures verticales réparties sur sa longueur ou une fissure horizontale à sa base, à la jonction avec la dalle. Visibles en façade sous la forme d'un trait horizontal au niveau du dernier plancher, ces fissures sont souvent prises pour un désordre structurel alors qu'elles relèvent d'un comportement thermique connu. Elles n'en restent pas moins des entrées d'eau potentielles. En copropriété, ce type de constat gagne à être intégré dans un plan de travaux qui traite ensemble étanchéité, couvertines et ravalement des derniers niveaux.
FAQ